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History of the Christian Church • VOLUME 8

§ 110. GENEVA REGENERATED. 521

['Schaff, Philip, 1819-1893', 'Schaff, David Schley, 1852-'] • Public-domain historical edition in the United States (published 1889); OCR from Internet Archive scan

§ 110. GENEVA REGENERATED. 521

ment inquisitoriale nous >ndi;;nent aujourd'kui ; c'<?tait chose tonte simple avec I'ardeur religieuse du XVI' Steele. Le consistoire atteifjnit le but que Calvin s'etait propose'. En mains de trois generations, les moeurs de Geneve subirent une me'lamorphose complete. A la mondanite' naturelle succ€da cette aust€rit€ un peu raide, cette gravite' un peu e'tudie'e qui caracte'riserent, dans les slecles passe's, les disciples du reformateur. L'histoire ne nous offre que deux homines qui aient su imprimer a tout un peuple le cachet particulier de leur genie : Lycurgue et Calvin, deux grands caracteres qui offrent plus d'une analogic. Que de fades plaisanteries ne s'est-on pas pertnises sur I'esprit genevois! et Geneve est devenue un foyer de lumieres et (I'e'mancipation intellectuelle, meme pour ses de'tracteurs."

Marc-Monniek.

Marc-Monnier was born in Florence of French parents, 1829, distinguislied as a poet and historian, professor of literature in the University of Geneva, and di«d 1885. His " La Renaissance de Dante d Luther" (1884) was crowned by the French Academy.

From "La Reforme, de Luther a Shakespeare " (Paris, 1885), pp. 70-72.

" Calvin fut done de son temps conime les papes, les empereurs et tons les rois, meme Francois 2""', qui brulerent des la're'tiques, mais ceux qui ne voient dans Calvin que le meurtrier de Servet ne le connaissent pas. Ce fut une conviction, une intelligence, une des forces les plus e'tonnantes de ce grand siecle : pour le peser selon son vie'rite, il faut jeter dans la balance autre chose que nos tendresses et nos pities. II faut voir tout I'homme, et le voir tel qu'il fut : ' un corps frele et d€bile, sobre jusqu'a I'exces,' range' par des maladies et des infirmite's qui devaient I'emporter avant le temps, mais acharne' a sa tdche, ' ne vivant que pour le travail et ne travaillant que pour e'tablir le royaume de Dieu sur la terre ; devout a cette cause jusqu'a lui tout sacrijier : ' le repos, la sante', la vie, plus encore : les e'tudes favorites, et avec une infaligable activite qui €pouvantait ses adversaires, menant de front, a brides abattues, religion, morale, politique, legislation, litte'rature, enseignement, predication, pamphlets, ceuvres de longue haleine, correspondance e'norme avec le roi et la reine de Navarre, la duchesse de Ferrate, le roi Francois 1"", avec d'autres princes encore, avec les reformateurs, les th€ologiens, les humanistes, les dmes travaille'es et charge'es, les pauvres prisonnieres de Paris. II ecrivait dans I' Europe entiere; deux mille Eglises s'organisaient selon ses ide'es ou celles de ses amis ; des missionnaii-es, anivies de son souffle, partaient pour I'Angleterre, VEcosse, les Pays-Bas, 'en remerciant Dieu et lui chantant des psaumes.' En meme temps cet homme seul, ce malade surmene' s'emparait a Geneve d'un peuple allegre, raisonneur, indiscipline, le tenait dans sa main et le forgait d'obe'ir. Saiis etre magistral ni meme ciloyen (il ne le devint qu'aux dernieres anne'es de sa vie), sans mandat officiel ni titre reeonnu, sans autre autorite que celle de son nom et d'une volonte' inflexible, il commandait aux consciences, il gouvernait les maisons, il s'imposait, avec unefoule de refugie's venus de toute part, a une population qui n' a jamais aime' les strangers ni les maitres; il heurtait enfin de parti pris les coutumes, les traditions, les susceptibilite's nationales et il les brisait. Non seulement il pesait sur les consciences et les opinions, mais aussi sur les maurs, proscrivait la luxure et meme le luxe, la bijouterie, la sole et le velours, les cheveux longs, les coiffures frist'es, la bonne chere: toute espece de i)laisir et de distraction ; cependant, malgr€ les haines et les coleres

522 THE KEFORIVIATION IN FRENCH SWITZERLAND.

suscitees par cette coinpression morale, ' le corps brise, mais la tete haute,' il gouverna longtemps les Genevois par I'autoriie de son caraclere et fut accompagne a sa tombe par le peuple tout entier. Voila I'homme dont il est facile de rire, mais qu'il importe avant tout de connailre.

" Calvin de'truisit Geneve pour la refaire a son image et, en de'pit de toutes les re'rolutions, cette reconstitution improvise'e dure encore : il existe aux partes de la France une ville de strides croyances, de bonnes etudes et de bonnes moeurs : une ' cit^ de Calvin.' "

A remarkable tribute from a scholar who was no theologian, and no clergyman, but thoroughly at home in the history, literature, manners, and society of Geneva. Marc-Monnier speaks also very highly of Calvin's merits as a French classic, and quotes with approval the judgment of Paul Lacroix (in his ed. of select (Euvres Ji-angoises de J. Calvin) : " Le style de Calvin est tm des plus grands styles du seizieme siecle : simple, correct, e'le'gant, clair, ingenieux, anime, varie de formes et de tons, il a commence' a fixer la langue francaise pour la prose, comme celui de Clement Marot I' av ait fait pour les vers."

George Bancroft.

George Bancroft, the American historian and statesman, born at Worcester, Mass., 1800, died at Washington, 1891, served his country as secretary of the Navy, and ambassador at London and Berlin, with the greatest credit.

" A word on Calvin, the Reformer." From his Literary and Historical Miscellanies (New York, 1855), pp. 405 sqq.

" It is intolerance only, which would limit the praise of Calvin to a single sect, or refuse to reverence his virtues and regret his failings. He lived in the time when nations were shaken to their centre by the excitement of the Reformation ; when the fields of Holland and France were wet with the carnage of persecution; when vindictive monarchs on the one side threatened all Protestants with outlawry and death, and the Vatican, on the other, sent forth its anathemas and its cry for blood. In that day, it is too true, the influence of an ancient, long-established, hardly disputed error, the constant danger of his position, the intense desire to secure union among the antagonists of popery, the engrossing consciousness that his struggle was for the emancipation of the Christian world, induced the great Reformer to defend the use of the sword for the extirpation of heresy. Reprobating and lamenting his adhesion to the cruel doctrine, which all Christendom had for centuries implicitly received, we may, as republicans, remember that Calvin was not only the founder of a sect, but foremost among the most efficient of modern republican legislators. More truly benevolent to the human race than Solon, more self-denying than Lycurgus, the genius of Calvin infused enduring elements into the institutions of Geneva, and made it for the modern world the impregnable fortress of popular liberty, the fertile seed-plot of democracy.

" We boast of our common schools ; Calvin was the father of popular education, the inventor of the system of free schools. We are proud of the free States that fringe the Atlantic. The pilgrims of Plymouth were Calvinists;

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